| Lorsqu’on franchit la pas d’une maison marocaine , on
es agréablement frappé par le contraste entre l’aspect
extérieur sobre et dénudé dont seule la porte
d’entrée fait figure , et l’enchantement d’un
monde mêlé de couleurs fascinantes , de créativité
ingénieuse , de géométrie artistique qui laisse
tout visiteur dans une méditation perpétuelle .
Le style décoratif marocain a puisé sa richesse dans
l’art hispano-moresque lui-même influencé par
la religion islamique et la pensée musulmane , toujours à
la recherche du spirituel dans un rythme ininterrompu et une variation
inlassable .
Ces traditions venues de l’orient sous l’ère
des Omeyades a permis une progression naturelle et évolutive
de la science des tracés et des compositions géométriques
.
L’interdiction coranique de reproduire toute image d’hommes
et d’animaux confère au décor toute son importance
. Ces difficultés de figuration ont orienté l’ensemble
de la pensée musulmane vers l’expression géométrique
et les artistes mettant leur art au service de la religion ont dû
se montrer créatifs ; ils développèrent ainsi
la calligraphie , la mosaïque et l’arabesque .
L’écriture fait partie intégrante dans le décor
architecturale marocain qu’elle soit andalou-maghrébine
avec son infinie variété de pleins et de déliés
ou fassi avec sa grandeur remarquable de traits verticaux .
Dans le décor il est de tradition d’inclure un verset
du Coran sous forme d’une combinaison calligraphique placée
horizontalement au dessus des faïences murales .
Ainsi l’art décoratif arabesque est fait de constructions
de figures selon différentes techniques d’expression
partant d’un élément unique et compressible
pour se déployer dans une infinités de motifs qui
recherchent le symétrique et l’absolu .
Le décor suit ainsi un tracé régulateur définissant
des figures variables et des ornementations géométriques
à la recherche de nouvelles combinaisons , reflétant
dans leurs formes infinies le fondement de la croyance , l’indivisibilité
de Dieu et dans leur complexité une idée de structure
atomique de l’univers .
L’architecture d’une maison marocaine est une architecture
dite à l’envers fermée sur l’extérieur
et les façades décorées sont tournées
vers l’intérieur dans un esprit rejetant toute composition
de volume dans l’espace . Toute l’importance est donné
alors au décor .
Le décor utilise de nombreux matériaux retrouvés
pour la plupart sur les murs , les piliers et les plafonds .
1. PLATRE ( gebs )

Au Maroc , le plâtre se travaille en sculpture ou se cisèle pour composer une grande partie des décors marocains , recouvrant la partie haute des zelliges muraux et bien souvent les plafonds Possédant un temps de séchage relativement long , il permet de laisser à l'artisan pour le sculpter et la façonner ; à la demande , il pourra être corrigé après simple mouillage .

Le plâtre peut être sculpté verticalement ou parallèlement par rapport au plan du mur . Il est très souvent rehaussé d'une teinte plus claire ou d'une dorure .

La calligraphie prend une importance considérable dans la sculpture du plâtre où elle prend tout son épanouissement .
La plâtre est très prisé pour habillé les colonnes ; il sert à sculpter des chapiteaux à motif serpenté ou des entrelacements d'arabesque calligraphiques et florales .
Autre style de la manifestation du volume dans l'art islamique , les mouquarnas sortes de stalactites qui descendent des plafonds , comparables a des doigts de gants retourné garnissant l'intrados des arcs ou tapissant entièrement les voûtes .

Au Maroc , le plafond est l'élément capital du décor d'une pièce , concentrant tout le soin des artisans , appelant à une contemplation constante .

On peut retrouver la sculpture du plâtre sur les plafonds qui s'entourent de frises concentriques autour d'un entrelacement géométrique décrivant des rosaces ou des petites étoiles . D'autres décors différent les uns par rapports aux autres plus riche et plus fins telles les nid d'abeilles , la forme en berceau ou encore des motifs floraux ( tawriq ) ciselés légèrement à l'intérieur d'étoile et profondément entre les entrelacs géométriques à la manière d'une infinie toile d'araignée .
2. BOIS
L'art du bois au Maroc occupé depuis des siècles une place prépondérante dans l'architecture et le mobilier
L'essence la plus utilisée reste le cèdre de l'Atlas ( arz ) par ses qualités techniques puisqu'il peut être massif et tendre réservé aux sculpture ou simplement être peint .
Le cèdre n'a pas besoin d'être traité ou verni et confère une grande résistante aux insectes ou aux intempéries . Son odeur agréable persiste plusieurs années .
Autre bois utilisé , le thuya ( arar ) , également parfumé , destiné à des usages de volume moins important.
L'art du bois trouve de nombreuses applications dans le décor de l'architecture marocaine .
Il est essentiellement utilisé pour façonner les portes , les fenêtres et les balustrades .

A l'intérieur de la maison , les plafonds sont particulièrement habillés en bois sous plusieurs formes , naturellement sculpté , mouluré en motifs ou peint en zouaqs (peinture sur bois) avec une richesse colorée .



Dans l'habitation marocaine , on retrouve toujours la notion d'intimité , de séparation et d'isolement et le Moucharabieh exprime ce concept , une sorte de réseau en mailles qui tamise la lumière .
3. TERRE
La terre joue un rôle décoratif important . Elle est le plus souvent cuite et émaillée et se destine à trois emplois :
Aux murs et colonnes sous forme de zelliges :
la zellige prend son origine lointaine dans la mosaïque byzantine , faite de pierres
colorées . Fabriquée à partir d'argile cuite elle se présente sous forme de petits carreaux de 10 x 10 centimètres recouverts d'émail de différentes couleurs .Celles-ci sont confectionnées à partir d'un gabarit
qui sera taillé et découpé en petites pièces tracées en innombrables formes géométriques.
L'assemblage des pièces de zelliges fait appel à la créativité , à la rigueur de la technique et à la maîtrise de l'espace pour dessiner des puzzles formés de rosaces qui partent en éclat en des cercles concentriques , surmontées de différentes frises où des ponctuations jaunes , vertes et rouges. Le tout réalise une harmonie colorée dans une structure géométrique à la fois complexe et ingénieuse .
Le carreau de zellige peut aussi être travaillé à des fins ornementaux en feuillages
Appelé alors tawriq ; de petits éléments décoratifs sont encastrés dans une pièce de
zellige plus grande pour être ensuite excisé et former un dessin original .

Aux sols sous forme de bejmats :
Ce sont des semi-briques émaillées sur une face utilisées pour revêtir les sols . Elles
sont rectangulaires de 15 x 5 cm . Elles doivent être posées avec des joints importants et doivent être nettoyés à l'aide de sciure mélangée à de l'huile . L'assemblage des motifs est sobre avec une géométrie basée sur des diagonales . La couleur du bejmat est variable , blanche , bleue ou verte .
Aux toits sous forme de tuiles ( qermoud ) :
Elles sont aussi confectionnées , émaillées et cuites selon la technique ancestrale de la terre . Leur couleur est en général verte mais aussi dans certaines régions rouge ocre .
L'utilisation de tuiles vernissées rehausse l'architecture d'une maison lorsqu'elles habillent les chaînages des murs ou les auvents de fenêtres , une autre façon d'honorer l'habitation .
5. PIERRE
Il s'agit essentiellement de marbre qui sera destiné à certains ouvrages comme les piliers , les sols , les fontaines et les revêtements muraux et la variété la plus appréciée pour les décorations reste le blanc Carrare .
La noblesse du marbre travaillé et remodelé rehausse par sa pureté et sa beauté les lieux qu'il habille .
Le marbre peut se parer du même répertoire ornemental que les autres matériaux et peut ainsi être ciselé en tawriq ; il permet aussi dans un souci décoratif être utilisé en pavement de sol avec des joints de zellige tel un échiquier , ce qui évite les dilatations due aux écarts de température . (Z8)

On retrouve le marbre au sein même de la maison mais aussi dans les allées de jardins ou les esplanades des grandes réceptions .

Il sert aussi à tailler des vasques aux formes diversement découpées pour les fontaines des patios où l'eau fera scintiller le grain lisse du marbre .

6- TADELLAKT
La Tadelakt fait partie des stucs . Elle est née au Maroc
dans la région de Marrakech .Grâce à son imperméabilité
, son élasticité et sa souplesse , elle fut longtemps
utilisée comme enduit pour les revêtements muraux dans
les hammams .
De nos jours , elle est de plus en plus utilisée comme finition
dans les salons et toute pièces de la maison , apportant
confort et beauté , dans la symbiose entre la tradition et
la modernité
La tadelakt est réalisée à base de chaux éteinte
.On y rajoute un pigment de couleurs et une fois malaxé il
sera étalé sur la surface murale puis laissé
au repos quelques jours pour « sécher » . Il
sera dès lors ciré pour se patiner ce qui lui donnera
une brillance écarlate .
Le Tadellakt donne à l’habitation une douceur de vivre
et ranime les lieux par sa brillance .
Elle offre un meilleur rapport qualité prix , apporte un
confort par ses caractéristique d’isolant phonique
et thermique .
réalisation : www.xclic.net.ma
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