Marrakech la ville rouge la perle du sud marocain n’en finit
pas de nous émerveiller .
Ses monuments pittoresques , son charme envoûtant , ses jardins
paradisiaques et ses couleurs sublimes en font une cité fascinante
d’une beauté originale où l’art d’y
vivre en a enchanté plus d’un .
Marrakech est une ville dont le passé est chargé
d’histoire riche en conquêtes et croisades entre les
cultures et les Hommes. Des dynasties se sont succédées
, berbères et arabes , donnant naissance au fil du temps
à un brassage de culture et de philosophie , qui fera de
cette
ville une source d’inspirations artistiques aux multiples
formes .

Marrakech fût créée en 1070 par les Almoravides
, sous l’égide de Youssef Ibn Tachfine , bâtie
sur une immense plaine qui n’était d’abord qu’un
simple camp militaire doté d’une forteresse . Jadis
, la richesse de la terre et l’abondance de l’eau en
firent un simple lieu de rencontre pour les caravanes empruntant
la route de l’or venant du Soudan et qui allait s’ériger
peu à peu pour devenir une ville à la fois berbère
et musulmane .
Partie à la conquête de terres lointaines dans le Maghreb
central et en Oranie à Tlemcen , la dynastie des Almoravides
s’étendît jusqu’à Toléde
en Espagne pour y soutenir les princes arabes contre la poussée
chrétienne d’Alphonse IV de Castille .
Marrakech allait devenir au début du XIIeme siècle
la capitale d’un vaste empire s’étendant sur
l’Espagne Musulmane , le Maghreb occidental et central , le
Sahara où les routes de l’or avaient été
assurées .
Un état prospère et riche naîtra mais qui sût
aussi entretenir la renaissance artistique où
se mêlèrent toutes sortes d’influences , pour
faire de Marrakech le berceau d’une culture et d’un
art en s’imprégnant de la culture andalouse : l’art
hispano-mauresque . Véritable philosophie , héritage
d’un génie byzantin , il permettra à Marrakech d’être le théâtre
de chefs d’œuvre et d’ouvrages considérés
comme des plus beaux de l’art islamique.

L’épopée des Almoravides jugée trop
impie déclina aux assauts des Almohades à la philosophie
plus puritaine , qui s’emparèrent de la ville en 1147,
profitant de la lutte des successions , de la faiblesse des souverains et de l’immensité
de l’empire devenu plus difficile à contrôler
.
Des mosquées et des palais furent détruits pour donner
naissance à un style architectural particulier , choisissant
des éléments de décor sobres , une esthétique
légère , le tout confinant un renouvellement austère .
De ce concept Abdelmoumen , successeur d’Ibn Toumert , réussit
à unifier le Maroc et à doter l’empire d’une
administration civile rigoureuse répandant la civilisation
musulmane andalouse sur toute l’Afrique du nord . Il édifia
en 1157 sur un vestige almoravide un des plus beaux sanctuaires
de l’occident musulman , la Koutoubia .

A la même époque , fût réalisé
des jardins s’inspirant de l’art andalou et des basssins
destinés à l’irrigation des vergers dont le
célèbre Ménara .

Marrakech est à l’apogée de sa puissance attirant
notables et riches , et voulant inscrire la
grandeur de la dynastie almohade , un de ses monarques , Yacoub
Al Mansour , achèvera la construction d’une cité
impériale , la Kasbah royale , dont il ne subsistera que
la mosquée et son minaret ainsi qu’un portail monumental
, Bab Agnaou .

Une fois encore le déclin allait entraver la destinée
des Almohades , assistant à l’écroulement de
l’organisation des différentes parties de l’empire
vouant à l’unité contre les oppositions.
Les menaces chrétiennes en Espagne s’affirment de plus
en plus et en 1212 la bataille de Las Navas de Tolesa signera la
première défaite devant les forces unies de Castille
et d’Aragon .
L’empire se morcelle et sa chute est inévitable .
En 1269 , Marrakech est conquise par une nouvelle dynastie berbère
, les Mérinides , quittant
les steppes de l’oriental pour délivrer un pays plongé
dans l’anarchie , aidés par les tribus ralliées
.
La ville de Fès sera alors désignée comme
la nouvelle capitale et retirera à Marrakech sa notoriété
et sa prospérité vouée à la ruine et
au pillage , exhortant les habitants à fuir . La cité
ne connaîtra dés lors plus de mouvement ou d’intérêt
architecturaux . Mais le brillant règne Mérinide marquera
les derniers moments de l’ensemble maroco-andalou .
L’Europe s’ouvre aux influences des grands voyages
, la menace d’invasion se précise . Profitant de la
décadence du pays , espagnols et portugais occupent des villes
côtières et s’engagent même dans les plaines
intérieures mais Marrakech résistera à ces
incursions .
Pour faire face à la situation désastreuse , et à
la demande des habitants de la Drâa région
située aux portes du Sahara , une nouvelle dynastie venue
d’Arabie allait naître , la dynastie des Sâadiens
.Ceux-ci prennent le contrôle du pays en 1510 et bientôt
Marrakech retrouvera sa place de capitale pour assister au règne
glorieux d’un roi , Ahmed Al Mansour , symbole vénéré
de puissance après la victoire de la bataille des 3 rois
en 1578 .
Les conquêtes reprirent au nom de la guerre sainte mettant
fin aux pénétrations européennes et à
l’invasion des Turcs d’Algérie et de Tunisie
. L’autorité de l’état est dés
lors rétablie et le commerce retrouve sa vigueur grâce au contrôle de
la route du Soudan, ce qui apportera une forte réorganisation
du pays . L’ère des Sâadiens sera riche en architecture
pour Marrakech . On y assistera à la réalisation d’un
vaste palais , le Palais de Badii , construit avec des matériaux
rares aux couleurs éblouissantes rapportés du monde
entier . L’influence andalouse est incontestable dans l’agencement
des bassins et la conception de jardins à la verdure extravagante
.

Marrakech aura été une capitale mais aussi une ville
cosmopolite , rendez-vous savant grâce à la diversités
de ses bibliothèques , règne intellectuel qui aura
connu sa plus importante époque
La célébrité d’Ahmed Al Mansour fera
ses échos en Europe et suscitera l’amitié d’Henri
III , de Phillipe II et de Charles IV mais sa disparition en 1603
déclara la fin du pouvoir Sâadien ,emportant avec lui un siècle et demi de prospérité
, d’art et de richesse intellectuel de tout un pays qui par
les difficultés économiques et l’insurrection
des tribus se fragmente , laissant place à une rupture des
zones géographiques sous l’emprise de mouvements locaux
.
Au milieu du XVIIIéme siècle , une modeste puissance
, les Chérifiens Alaouites , tiennent un des axes du commerce
saharien et , forgé d’une ambition de combattre , ils
réussissent à libérer sous l’ère
de Moulay Rachid les villes de Fès et de Marrakech en 1669
et la succession reprise par son frère Moulay Ismail établit
sa capitale à Meknés pour instaurer un ordre durable
et préserver les valeurs spirituelles .
Marrakech ne reverra son apogée que sous le règne
de Sidi Mohamed Ben Abdellah , « le bienfaiteur de Marrakech
» , restaurant la ville et la dotant de nouveaux monuments,
de palais somptueux , de mosquées pittoresques et d’un
magnifique espace de verdure , l’Arsat Al Mamounia dans la
tradition perpétuée de l’art hispano-mauresque.
La fin du XVIIIème siècle connût la succession
de plusieurs monarques parvenant tant bien que mal à maîtriser
un Maroc divisé et anarchique mais ce fut aussi une période
faste pour la
ville de Marrakech où constructions et restaurations furent
élaborées en masse , pour laisser
apparaître la naissance de somptueux palais dont La Bahia
exemple même de la splendeur
architecturale d’antan , sans oublier les Menzehs , pavillons
de plaisance dressés dans de grands et verdoyants jardins
, lieux de villégiature prisés par les Sultans Chérifiens
.

Tout au long du XIXéme siècle , le Maroc s’attachera
à son développement urbain mais il devait indéniablement
s’ouvrir au monde occidental , dans un climat de désordres
sociaux à
l’origine en 1912 du protectorat français . C’est
l’occupation du royaume , conduite par le
Général Lyautey et ses troupes . L’urbanisation
allait connaître un nouveau tournant sous
l’attention d’artistes et d’architectes dans le
respect des traditions et la préservation de l’authenticité
architecturale des Médinas ; la ville européenne allait
naître .
A Marrakech , c’est une nouvelle cité qui voit le jour
, de grandes avenues convergeront surplombées à l’horizon
par la colline dominante du Guéliz .
De plus en plus d’étrangers affluent sur la ville ,
éblouis par la splendeur magique de Marrakech , comme un
tableau de couleurs dressé sous les cimes enneigées
de l’Atlas .
L’image de ce tableau féerique aura fait le tour du
monde et allait attirer la curiosité de visiteurs venus d’autres
contrées pour découvrir les éloges tant soulevées
par la cité impériale .
Marrakech par sa lumière et ses couleurs infinies a su séduire
des peintres comme Jacques
Majorelle qui en fit une inspiration et révéla par
ses tableaux les merveilles du Maroc .
Dès le début des années vingt , elle devient
une capitale touristique où de nombreuses figures
de notoriété y laisseront échapper émotion
et émerveillement pour ne citer que quelques uns
comme Charlie Chaplin , Edith Piaf , Winston Churchill , Eugéne
Delacroix , Pierre Balmain
et des artistes comme Alfred Hitchkok et Orson Welles ouvrirent
la ville au monde du cinéma .

Telle est l’histoire de Marrakech , neuf siècles d’avènements
et de conquêtes , pendant lesquels se succédèrent
peuples et dynasties dans un brassage impressionnant de culture
et de philosophie laissant naître un art , l’art marocain
musulman riche par ses tendances et ses couleurs .
Aujourdhui , Marrakech témoigne du riche patrimoine marocain
fruit d’un héritage de plusieurs siècles .
Le
Maroc retrouva son unité après l’indépendance
sous l’égide de Feu Sa Majesté Mohamed V lequel
annonça des réformes économiques, sociales
et politiques . Une impulsion culturelle et artistique fut redonnée
à la ville de Marrakech .
Sous le règne de Feu Sa Majesté Hassan II , les travaux
de restauration et de rénovation furent perpétuée
dans la pure tradition marocaine donnant à la cité
impériale un éclat de beauté . La ville prend
dés lors un essor considérable se vantant de sa richesse
touristique et artisanale comme une référence qui
s’exporte à travers le monde . Et cela n’est
pas pour rien que l’ on dénomme Marrakech comme la
perle du sud marocain .
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